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La parole de Elvis Perkins

à La Nef (Angoulême), jeudi 8 novembre à 20h30 - avec P.W. Long

La Nef reçoit ce jeudi 8 novembre un songwriter mystérieux, tiraillé entre un destin tragique et une personnalité pudique. Elvis Perkins est un écorché vif, un artiste ambigu qui conjugue simplicité folk et arrangements orchestrés. Fils de l’acteur Anthony Perkins (décédé du SIDA en 1992) et de l’actrice/photographe Berry Berenson (une des victimes des attentats du 11 septembre 2001), ce jeune musicien vagabond, élevé entre Los Angeles et New York, explore les méandres de sa vie intérieure à travers les chansons d’un superbe album intitulé Ash Wednesday. Un disque contrasté, nuancé, découpé et empreint d’onirisme. Perkins offre une alternative à la pop lo-fi, privilégiant les harmonies fouillées et les sonorités du rock indépendant des années Nada Surf, creusant aussi dans le sillon de la folk US traditionnelle comme ont pu le faire ses contemporains M. Ward ou Rufus Wainwright, mais avec une touche personnelle qui fait la part belle à la légèreté et à la délicatesse. Évitant soigneusement le piège des clichés, de la mièvrerie et de l’auto-commisération, Elvis Perkins prend des itinéraires pertinents et sincères. Il répond pour votre (et notre) plus grand plaisir aux questions du magazine Sortir Label Charente.

Votre album s’intitule Ash Wednesday. À quoi pensiez-vous en écrivant ce titre ? Que signifie-t-il pour vous ?
Elvis Perkins.
Ça veut dire beaucoup de choses à la fois pour moi. J’ai écrit la chanson Ash Wednesday en 2002 et je ne pensais pas qu’elle donnerait son titre à l’album à l’époque. C’est une référence au « mercredi des cendres » présent dans la tradition chrétienne (un jour de pénitence). Il évoque aussi l’extermination en général. C’est l’expression de la fin d’une ère, l’achèvement d’un cycle.

C’est un disque très orchestré. On y retrouve beaucoup d’instruments très différents à chaque morceau (comme ces violons jazzy et swing sur All The Night without Love). Vous jouez toujours avec autant de musiciens sur scène ?
Elvis Perkins.
Non, en tournée c’est toujours plus compliqué et ça demande une organisation de se déplacer avec un quartet à cordes. C’est cher et difficile. Sur scène, c’est plus dépouillé, plus brut. Je voyage maintenant avec un groupe de quatre musiciens. On fait ce qu’on peut pour que ça se rapproche du disque musicalement, même si les moyens techniques ne sont pas les mêmes.

Quelles sont vos influences principales ? Avez-vous des artistes ou des groupes « de chevet » qui vous inspirent certains sons ?
Elvis Perkins
. Il y a tellement de choses qui m’inspirent ! Bien sûr, la pop et le rock’n’roll restent au premier plan. Je n’aurais jamais pu composer des ballades folk comme je le fais aujourd’hui sans des gens comme Paul Simon, Leonard Cohen ou John Lennon. Ce sont des compositeurs qui me guident inconsciemment.

Pouvez-vous nous parler de cet enregistrement avec Ethan Gold et Dave Alhert ?
Elvis Perkins.
Une grosse partie de l’enregistrement s’est déroulée à Los Angeles en 2004. On a souvent privilégié la formule live. Je connaissais bien Ethan Gold (musicien, producteur et arrangeur du disque), on avait l’habitude de jouer ensemble et nous étions déjà très amis. C’est pour cela qu’on s’est lancé dans ce projet. Ensuite, nous avons rencontré Dave Alhert, qui est devenu notre ingénieur du son et notre ami.

Quel est le sujet de la chanson It’s Only Me (la seule où vous êtes seul à la guitare/voix sur le disque) ?
Elvis Perkins.
Ça parle de l’enfance, de cette candeur que l’on perd avec la maturité, la connaissance en général et la prise de conscience de l’âge adulte auquel personne ne peut échapper. C’est un titre sur la perception personnelle du changement, du passage à autre chose.

Vous dédiez ce disque à votre mère. Est-ce un album qui parle d’elle explicitement dans certaines chansons ou bien est-ce suggéré ?
Elvis Perkins.
C’est un disque dédié à ma mère mais ce n’est pas un disque sur elle. Son esprit et sa présence sont dans quelques-unes de mes chansons. Celles qui ont été écrites après sa disparition. Mais ce disque explore aussi bien d’autres choses et parle de personnes très diverses.

Est-ce votre première tournée en France ?
Elvis Perkins.
Nous sommes déjà venus en février dernier avec Clap Your Hands Say Yeah (nos nouveaux amis) et Cold War Kids. Je jouais avec mon projet Elvis Perkins in Dearland. Une excellente expérience.