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La parole des HushPuppies

la Garden Nef Party 2008, les 18 et 19 juillet à la Ferme des Valettes

Encore une fois, le tout jeune festival Rock angoumoisin nous propose une très très belle programmation. Deux jours qui s’annoncent riches en émotions avec une affiche aussi variée qu’alléchante, de Iggy & The Stooges à Un Poquito Señor en passant par The Hives ou encore les HushPuppies. Et c’est justement Olivier Jourdan, chanteur de ceux-ci, que nous avons pris un malin plaisir à déranger à l’heure du déjeuner dans le seul but de noircir nos pages.

Depuis combien de temps vous connaissez-vous ?
Olivier Jourdan.
En fait, on se connaît depuis le lycée. On avait un groupe à Perpignan qui s’appelait les Likyds. Donc on a commencé en seconde et on a joué ensemble pendant sept ou huit ans. Ensuite on s’est séparés pour le boulot, les études... Et on s’est retrouvés à Paris. Du coup on s’est dit qu’on allait rejouer ensemble et c’est là qu’on a rencontré Guillaume, le bassiste. Donc avec Guillaume, ça fait cinq ou six ans mais sinon, sur les 5 membres des HushPuppies ça fait quinze ans maintenant qu’on se connaît.

Comment fonctionnez-vous pour composer et écrire les morceaux ?
Olivier Jourdan.
En fait, on fait tout à cinq. On fait des bœufs et on part du principe que si on s’en souvient le lendemain, c’est que c’est bon. C’est la sélection naturelle. On rentre les morceaux et les structures avant que le chant ne soit fini, et une fois qu’on a la mélodie du chant, on écrit les paroles. Et même pour les paroles, ce coup-ci, on a choisi les thèmes et écrit certains morceaux à cinq alors qu’avant, c’était plus le guitariste et moi-même mais là, on a décidé de tout faire à cinq.

J’ai entendu parler d’un rituel d’après répét’ à base de vodka et d’olives...
Olivier Jourdan.
Avec mon frère, on était allés en Suède, lui était parti en Finlande pendant deux jours et en était revenu avec une bouteille de vodka à la réglisse. Du coup, on a ramené ça mais c’est tellement dégueulasse qu’il faut mélanger avec les olives aux anchois. Les deux séparément c’est pas bon, mais ensemble, ça passe très bien.

Comment s’est passée votre rencontre avec votre label ?
Olivier Jourdan.
On faisait partie d’un groupe avec mon frère et le clavier et on avait un manager qui s’occupait de nous. Il nous avait dit que Diamondtraxx cherchait des groupes pour faire une compilation. Donc on est allés chez eux avec notre démo, ils ont écouté et nous ont rappelé pour faire carrément un4 titres chez eux, qui, du coup, a débouché sur notre premier album. Mais au départ c’était vraiment pour faire partie de cette compilation, qui n’est jamais parue d’ailleurs. C’est comme ça qu’on est rentrés en contact avec eux.

Votre premier album The Trap s’est vendu à plus de 20000 exemplaires, comment se place le second, sorti en novembre ?
Olivier Jourdan.
Pour l’instant on en est à 15000 environ, ce qui est bien puisque c’est équivalent au nombre de ventes du premier dans les mêmes délais. Ensuite, il faut que ça dure et qu’on essaie de tirer le truc jusqu’à la fin des festivals. Donc pour le moment, on est en train de voir.

Dans combien de pays est-il distribué ?
Olivier Jourdan.
Nous avons une licence en Allemagne, des distributions en Espagne, Italie, Autriche, Suisse, Belgique, une petite distrib’ au Japon également. Surtout en Europe donc mais pas en Angleterre parce que c’est hyper dur pour un groupe français qui chante en anglais de faire un truc là-bas.

Pourquoi l’avoir appelé ainsi ?
Olivier Jourdan.
En fait c’est un peu ironique, comme nos morceaux. Aujourd’hui, si tu n’ouvres pas ta gueule, tu te fais marcher dessus et donc Le silence est d’or pour les gens qui nous manipulent. C’est une façon de dire : « Ouvrez vos gueules et imposez-vous ». Même si nous ne sommes pas un groupe revendicateur, il y a quelques morceaux où l’on exprime comment, nous, on voit les choses.

Plusieurs de vos morceaux ont été repris par la pub TV, est-ce que ç’a eu un impact sur votre notoriété ?
Olivier Jourdan.
Au niveau de la notoriété, je ne sais pas, parce que je ne suis pas sûr que les gens fassent le rapprochement entre un anti teint terne et HushPuppies, mais le fait est que je suis sûr que la plupart des gens en France connaissent ce morceau parce qu’il est rentré chez eux par le biais de la TV. En tout cas c’est génial parce qu’aujourd’hui, la publicité, c’est carrément un nouveau média, au même titre que la radio ou la presse écrite, et quand tu vois que nous, on ne peut pas passer à la radio, à part Oui Fm et Le Mouv’,au moins on peut toucher les gens comme ça. Après faudrait peut-être mettre un encart dessous « musique par HushPuppies » mais ça, c’est une autre histoire.

Le fait de chanter en anglais, c’est un problème pour percer en France ?
Olivier Jourdan.
Ce n’est pas un problème mais c’est un handicap. Après, nous, on n’a jamais voulu percer. Au départ on a juste fait ça pour s’amuser et on a eu la chance qu’il y ait un label qui nous signe. Du moment que tu as un label, tu évolues parce que tu as des gens qui travaillent avec toi et donc on a eu la chance que ça marche plutôt pas mal. On ne s’est jamais dit : « On va chanter en français ou on va chanter en anglais pour que ça marche » et on fait la musique qu’on veut faire. Après c’est dur parce qu’effectivement, t’as des histoires de cota. Les gens en France sont encore assez frileux en ce qui concerne les groupes de rock français qui chantent en anglais. Mais c’est en train de changer, on le voit actuellement avec The Do ou avec Coco qui, eux, ont vraiment carrément explosé alors qu’ils chantent en anglais.

Vous avez joué dans pas mal de lieux, pas mal de pays, avez-vous un public préféré ?
Olivier Jourdan.
Tu ne peux pas préférer un public mais c’est sûr qu’il y a des différences. Déjà en France, t’as les Bretons par exemple qui sont super chauds, qui vont crier, sauter... Après, si tu vas dans le sud, il ne se passe pas grand-chose... Ensuite, pour parler des étrangers, t’as les Allemands. Alors eux, c’est marrant, parce qu’ils dansent vraiment facilement. C’est ce qui nous avait agréablement surpris. Sinon les Russes sont fabuleux. Eux, on dirait qu’ils ont vraiment faim, qu’ils découvrent ça, et du coup, c’est la folie. Quand on y est allés, on n’était absolument pas connus, notre disque était introuvable là-bas mais le concert était blindé. Y’avait 2000 personnes et ils étaient tous à fond, c’était vraiment génial de voir ça. Donc, pas de préférences mais des différences.

Que pensez-vous de la programmation de la Garden Nef Party ?
Olivier Jourdan.
C’est la meilleure programmation de festival qu’on va faire. Jouer avec The Hives, c’est juste fabuleux. Après, les Stooges on a déjà joué avec eux donc ça nous impressionne un peu moins. Ensuite les Kids Bombardos c’est des amis. Ça fait longtemps qu’on les suit et qu’on entend parler d’eux, qu’on les voit, qu’on discute et qu’on fait la fête. Moi, je trouve hyper mature que des gars aussi jeunes écrivent des trucs comme ça. Ensuite, ce qui est bien avec la Garden Nef, c’est que ce n’est pas le même festival que tous les autres qui ont les grosses têtes d’affiche qui ramènent du monde, et les nouveautés. Tous les festivals ne nous ont pas fait cette année parce qu’ils nous ont dit : « On vous a déjà fait y’a deux ans ». Même si on a un nouvel album, on ne fait pas partie des nouveautés, des découvertes et tout ça. C’est un peu dommage.

Vous gardez quel souvenir de vos passages à La Nef ?
Olivier Jourdan.
C’était génial. On en a gardé un super souvenir parce que c’est une super salle, les mecs sont super sympas et l’accueil est fabuleux. C’est d’ailleurs pour ça, je pense, qu’on vient à la Garden Nef. Vraiment, La Nef est l’une des meilleures salles de France.

Un troisième album en prévision ?
Olivier Jourdan.
Oui bien sûr. Là, on termine la tournée mais on a recommencé à répéter puis on fera le troisième album et on repartira en tournée. Mais déjà finissons celle-là. Je pense qu’on va essayer de prendre un peu plus de temps pour faire le prochain, pour aller un peu plus loin, savoir ce qu’on va faire. On ne va pas changer du tout au tout mais on va essayer d’approfondir un peu les morceaux.

Des conseils à donner aux groupes amateurs ?
Olivier Jourdan.
Déjà, qu’ils se fassent plaisir et qu’ils soient fiers de leurs morceaux. Puis de la scène, de la scène, de la scène, et surtout de la patience. C’est le plus gros point. Et la chance sourit aux audacieux.

Un mot pour les fanscharentais ?
Olivier Jourdan.
Picolez pas trop et soyez en forme pour la Garden Nef Party. Picolons après. Gardez-nous une bouteille de cognac au frais pour l’après-concert.