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La Parole de
Les Malpolis
À partir de ce mois d’octobre, les Malpolis vous invitent à les retrouver tous les trois mois pour trois rendez-vous inédits. Premier concert le dimanche 21 octobre à Champniers. Nous les retrouverons ensuite le 7 février à Montembœuf, puis le 13 juin au cours d’un pique-nique organisé par La Canopée de Ruffec pour fêter sa fin de saison culturelle. Trois concerts différents et uniques où nous nous attendons joyeusement au pire… Rencontre avec Pierrick, principal parolier du groupe.
Les Malpolis, c’est une histoire qui a commencé quand ?
LES MALPOLIS. En 97, Stéphane et moi avons monté un petit spectacle autour d’un répertoire de chansons que j’avais écrites et nous avons commencé à faire nos premiers concerts pendant cet été, surtout dans le milieu du théâtre de rue, puis dans les cafés-concerts toulousains. En 98, nous avons commencé à travailler avec Weeling Productions pour les concerts, ce qui nous a amené à tourner dans des lieux intéressants comme le festival du Chaînon Manquant et nous a fait sortir des petites salles. Ça nous a appris un peu le métier, ça nous a fait sortir de l’aspect sympathique et convivial mais cependant un peu facile des petites salles où l’on jouait avec une certaine proximité avec le public, pour mettre en place, pour ces scènes de plus grande importance, une espèce de scénographie. Dans ces salles plus importantes, le public, habitué aux spectacles en général, est plus exigeant et nous ne pouvions plus être « simplement sympathiques ». C’est à partir de ce moment que nous avons été plus vigilants et que nous avons commencé à écrire ce que nous faisions sur scène, notamment les “blablas” et les sketches entre les chansons. Nous avons commencé à mettre tout cela en scène et à travailler avec quelqu’un à la lumière et au son. Bref, nous avons commencé à apprendre le métier.
Dans le groupe Les Malpolis, vous étiez deux au départ, Stéphane et toi…
LES MALPOLIS. Après notre premier vrai disque, c’est-à-dire celui qui a été distribué (les Malpolis… élargissent leur cible), André, à la batterie, aux percussions, au piano-jouet et au mélodica nous a rejoints.
Pour les lecteurs de Sortir qui ne vous connaissent pas, est-ce que l’on peut dire que Les Malpolis, c’est de la chanson française satirique et politisée, qui se situe quelque part entre “Charlie Hebdo” et Georges Brassens ?
LES MALPOLIS. C’est une très bonne définition. “Charlie Hebdo” sur scène, c’est plutôt pas mal et ç’a été rarement dit. La référence à Brassens a souvent été faite, sûrement par rapport à l’économie musicale qui nous a caractérisés, surtout à nos débuts. Je ne sais pas si Brassens est une référence pour le groupe, mais c’est quelqu’un dont on adore les chansons. La référence à Brassens a souvent été faite par rapport à la musique très sobre, mais ont été cités aussi les Nonnes Troppos ou les VRP… sans doute pour cette façon d’appréhender la scène avec de la musique, des choses bricolées, mais aussi des blablas avec le public, des choses visuelles qui viennent du théâtre de rue. Desproges a souvent été cité aussi, sans doute pour le ton impertinent et pour l’écriture. Bizarrement, toute la connexion « presse satirique », qui pourrait être une référence, est souvent ignorée ou oubliée. C’est pourtant par ce biais, le dessin de presse, que gamin, je suis venu non seulement à cette forme d’humour politique ou satirique mais aussi à la question politique tout simplement, beaucoup plus que par des humoristes ou des chanteurs.
Comment est venue cette idée de tournée en trois épisodes ?
LES MALPOLIS. Nous avons enregistré trois ou quatre disques depuis que le groupe Les Malpolis existe et l’an dernier, lors du dernier enregistrement, nous avons fait le constat que l’habitude de faire des disques avait une influence sur ce que l’on faisait. À nos débuts, nos chansons parlaient beaucoup de l’actualité, et puis, je m’étais mis à faire des chansons en me posant la question : « Est-ce que quand le disque va sortir, ce thème sera toujours d’actualité ? » Et puis aussi, malgré les différentes orientations que nous avons essayé d’aborder dans la réalisation de nos disques, nous ne nous sommes jamais retrouvés dans ces enregistrements. Donc, l’an dernier, nous avons décidé de retourner vers la scène et son aspect éphémère… d’où l’idée de revenir tous les trois mois dans différents lieux pendant une première saison qui va de septembre 2007 à juin 2008. Outre le fait que ce soit une arnaque pour pouvoir jouer plusieurs fois la même année dans les mêmes endroits, il y a le côté amusant du rendez-vous trimestriel et plus profondément, il y a l’exercice qui consiste à écrire des choses au moment où ça se passe… de réagir à chaud, comme on dit. Dans les spectacles que l’on va proposer, il y aura une bonne demi-heure de choses inédites à chaque fois : trois ou quatre chansons nouvelles, sans doute éphémères et qui n’auront de durée de vie que le temps de ces concerts, et puis cinq ou six sketches, baratin ou blablas, sur ce qui s’est passé depuis cet été et sur ce qui se passe au moment du concert…
Il va falloir écrire très vite…
LES MALPOLIS. Oui, il va falloir être rapide. Il y aura des choses qui seront des réactions sur ce qui se passe, ou ce qui s’est passé durant les quinze jours avant le concert et d’autres choses qui sont plus de l’ordre de « l’air du temps ». C’est-à-dire que l’on ne va pas parler de la mort du cardinal Lustiger que tout le monde a déjà oublié un mois plus tard. Donc voilà, il y a le truc amusant de donner rendez-vous localement par trois fois à un public et le fait de s’amuser à travers cette expérience, ce défi, pourrait-on dire, d’écrire sur l’actualité. Et puis, symboliquement, cela marquera les dix ans du groupe.
Comment s’est fait le choix des salles
LES MALPOLIS. Il y a des salles comme le Bijou à Toulouse où nous avons toujours envie de jouer. Majoritairement, nous allons jouer dans des endroits où l’on se sent bien et où l’on pressent que le public sera réceptif. Au fond, il faut que l’on se sente en sécurité avec ce spectacle fait de bric et de broc…
Lorsque nous vous avons vus au printemps dernier au festival Le Bonnieure est dans le pré, nous avons été surpris de voir un public aussi nombreux connaître vos chansons…
LES MALPOLIS. Ca fait quelques années, trois ou quatre ans, que, effectivement, un petit public fidèle aux Malpolis s’est constitué. Cela fait dix ans que le groupe existe, et beaucoup de gens ont entendu parler de nous au moins une fois. Se faire un public est un travail de longue haleine. Il y a aussi un nouveau fait à prendre en considération, et qui peut être critiquable en tant que musicien professionnel, c’est que les jeunes téléchargent beaucoup ou pratiquent l’échange de fichiers illégaux via internet, permettant ainsi à nos chansons d’être connues et de circuler. Cet état de fait est beaucoup critiqué, que ce soit par des gros ou des petits labels, mais il n’empêche que cela a beaucoup participé à faire circuler nos chansons. Il y a des gens qui nous connaissent parce qu’ils sont venus à un concert, d’autres parce qu’un pote leur a dupliqué un CD et après, il y a tout un réseau de gens qui nous découvrent grâce à internet. C’est indéniable. Cela a servi à ce qu’il y ait un public qui reste jeune autour des Malpolis. Ce groupe a toujours intéressé les gamins, les gens plus vieux et les tout vieux, nous avons pu le constater dès nos débuts. Comme pour Tintin : de 7 à 77 ans. Par contre, depuis quelques années que nous tournons dans des salles plus « culturelles », nous nous rendons compte que le jeune public fréquente moins ces salles. Cela a contribué aussi à notre choix de revenir vers des festivals, des café-concerts ou vers des salles rock. Cela nous a donné l’envie de casser cette image de chanteurs engagés à guitare acoustique. Nous sommes contents que les « nouveaux jeunes», au bout de dix ans, continuent de suivre le groupe.
Un disque est prévu après cette tournée ?
LES MALPOLIS. Nous n’avons pas trop eu l’envie de réfléchir à l’après de cette tournée. Pour le moment, nous avons envie de nous recentrer sur la scène. Pendant cette tournée, nous enregistrerons, nous ferons des vidéos et tout cela sera à disposition, au fur et à mesure que les épisodes auront eu lieu, sur le site internet des Malpolis. Pour le moment, nous n’avons pas vraiment parlé d’enregistrement avec l’idée de faire un disque “Les Malpolis : la tournée 2007/2008”. Il y a surtout un côté expérimental avec cette tournée que l’on fait dans des petits lieux qui nous permettent d’avoir une certaine proximité avec le public et de faire cet exercice qui consiste à écrire des choses rapidement, d’arriver avec des textes qui ne sont pas forcément fluides ou bien huilés. Ce ne sera pas comme quand nous écrivons un spectacle et que nous le jouons pendant deux ans… Après cette tournée, on verra, nous tirerons le bilan. Le dernier spectacle de cette triple tournée sera au mois de juin au gîte du Petit Fayolle, pas loin de Ruffec, nous en reparlerons à ce moment-là.
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