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L'année en un coup d'oeil
parole

La Parole de…Art Mengo

Le 15 octobre, à L’Avant-Scène de Cognac,
Art Mengo.
Après six années d’absence, le chanteur a su rester fidèle à une certaine approche musicale teintée de pop, de jazz et de touches latino.
… et il a eu la gentilesse de répondre
à nos questions…

SORTIR : Vous serez sur la scène du Théâtre de Cognac le 15 octobre… C’est la première fois que vous jouez dans notre région ?
ART MENGO : Je suis déjà passé une fois à Cognac pour l’émission de Jean-Louis Foulquier, “Pollen”. Je me souviens d’un théâtre plutôt sympa… c’était une émission avec Louis Chédid

SORTIR : Cette date fait partie d’une grosse tournée ?
ART MENGO : C’est une tournée qui s’étend pas mal puisqu’on l’a commencée au mois de février et qu’elle va se terminer fin août 2005… donc effectivement je crois qu’il va y avoir une centaine de dates.

SORTIR : On vous dit un peu timide, les passages sur scène vous effraient-ils ?
ART MENGO : Non, du tout. Sur scène, je me sens plutôt chez moi et je sais que je n’y viole personne. Je ne rentre pas dans les foyers alors que l’on ne me l’a pas demandé. Je sais que les gens viennent me voir parce qu’ a priori ça doit leur plaire. C’est un échange, la scène. Je sens que le public prend du plaisir, donc, je prends du plaisir, et c’est dans ces moments-là que j’ai l’impression d’être à ma place. Du coup, c’est vrai que j’oublie ma timidité. Mais je ne suis pas vraiment timide, je suis plutôt réservé.

SORTIR : Vos influences… on dit que c’est Nougaro. Y en a-t-il d’autres ?
ART MENGO : Il y en a certainement d’autres, inconscientes. Quand je me suis intéressé à la musique, j’ai commencé par apprendre quelques chansons des Beatles et j’imagine que leurs mélodies complètement limpides m’ont influencées. Mais j’ai absorbé un paquet d’influences que j’ai synthétisées ensuite. Plus tard, c’est vrai que Nougaro a été un gros déclencheur. Quand j’étais adolescent, grâce à Nougaro, et par le biais de la chanson “Toulouse”, j’ai compris qu’il y avait des choses
intéressantesdans la chanson française. Je me suis rendu compte que la poésie et la puissance des mots étaient très efficaces et agissaient sur moi. Je dis déclencheur, car grâce à lui, je me suis intéressé à Ferré, à Brel, à Gainsbourg… à toutes ces références qui sont aujourd’hui certainement mes influences…

SORTIR : Et la bossa nova ?
ART MENGO : En fait, la bossa, ça m’ est venu aussi parce que ce que j’aime dans la musique, c’est son discours : sa mélodie. La mélodie on la retrouve beaucoup dans les Beatles, et aussi dans Chopin. Chopin a beaucoup influencé Jobim donc quand je me suis intéressé à Jobim pour la bossa nova, j’ai retrouvé des influences un peu classiques et ça m’a plu. C’est avant tout la mélodie que je recherche, et dans les bossas, il y a ces harmonies magnifiques et un peu complexes qui me donnent des grands plaisirs.

SORTIR : Sur votre dernier disque, il y a au minimum 6 bijoux, capables de devenir ce qu’on appelle des “tubes”. C’est la crème de votre travail durant vos années d’absence ?
ART MENGO : En quelque sorte, c’est une compil’ des meilleures chansons que j’ai écrites en six ans. Il est évident que pour certains titres, je ne trouverai jamais de destinataire, notamment “Monsieur Claude”, donc il m’est apparu assez naturel que j’avais peut-être ma place comme chanteur. C’est vrai que c’est en quelque sorte un album de récupération. Attention, le mot « récupération » ne doit pas être pris comme quelque chose de péjoratif… “Ultramarine”, était au départ une chanson pour France Gall ; pour “L’enterrement de la lune”, le texte avait été écrit pour Juliette Gréco et c’est moi qui l’ai récupéré. “Je passerai la main” était une chanson pour Luz Casal… Effectivement, ce sont des chansons qui restaient dans les tiroirs, et j’ai pensé que comme il n’y avait pas de destinataire, j’étais peut-être le seul à pouvoir les chanter.

SORTIR : Vous voulez dire qu’elles n’en ont pas voulu… ?
ART MENGO : Soit elles n’en ont pas voulu, soit elles ne les ont pas entendues. En général, il y a une règle qui est terrible quand on envoie des chansons : soit on vous rappelle et on vous dit « Super, on la prend », soit on n’a pas de nouvelles. Je me plie à ce genre de règle qui fait que les personnes concernées n’ont pas envie de décrocher le téléphone pour dire quelque chose de désagréable à quelqu'un qu’elles ne connaissent pas… Je ne sais pas pourquoi ces chansons n’ont pas été retenues, mais j’imagine que c’est tout simplement parce qu’elle n’ont pas plu…

SORTIR : Dans vos chansons, le thème récurrent semble être le vague à l’âme et les amours un peu tristes… C’est autobiographique ou c’est pour le côté un peu bluesy des textes qui collent bien à la musique ?
ART MENGO : Je travaille avec des auteurs et je fonctionne à l’émotion que dégagent leurs textes, donc il y a peut-être une facilité à être inspiré par des choses un peu mélancoliques qui ont trait au passé ou à des déchirures… mais en tout cas, cela n’appartient pas du tout au domaine de la vie privée… Je ne vis pas ça. Je ne vis pas dans cette mélancolie… On ne ressemble pas forcément à nos chansons.

SORTIR : Nous vous avons entendu dans une interview faire référence à Gérard Manset pour sa discrétion et pour sa façon de se positionner hors des médias et du système… Pourtant, on vous entend faire de la promo en radio…
ART MENGO : j’ai dû faire référence à Manset parce que j’admire ce genre d’attitude. Il n’y a pas que Manset, il y a Thiéfaine aussi… et il y en a un paquet d’autres qui ont pris cette voie-là… mais moi je suis resté absent plus de six ans, et même en faisant des promos, ça reste difficile, donc je suis obligé de me plier plus ou moins à la règle. Mais je fais un tri : je ne fais pas forcément les grosses émissions, je fais des choses qui m’intéressent. Mais le circuit de la promo est un peu difficile aujourd’hui puisqu’il reste réservé aux gens qui vendent bien, donc je n’envahi ni les ondes ni la télé. En revanche, et heureusement, j’ai eu la chance d’avoir France Inter comme partenaire dès le départ. Il y a une fidélité depuis le début avec eux. Ce sont un petit peu eux qui m’ont sauvé la mise. J’ai aussi eu la chance d’avoir de bonnes critiques en règle générale. Mais je reviens après six ans d’absence et je n’ai plus RTL2, je n’ai plus Europe 2, on me dit que je suis sur un format adulte, que je ne peux pas toucher les ados, donc je ne fais plus certaines émissions… Dans certains cas, ça m’arrange d’ailleurs… Alors le mieux, c’est de prendre les musiciens et de partir avec eux sur la route… C’est la meilleure promo que l’on puisse faire et en plus, c’est plus agréable… mais c’est plus long et nous en avons pour au moins deux ans à ratisser le terrain en faisant les centres culturels et de temps en temps, une date plus importante comme l’Olympia. On continue comme ça à exister.

SORTIR : Quelle sera votre formation sur scène ?
ART MENGO : Il y aura un accordéoniste, un bassiste, un guitariste, un batteur et moi, qui joue du piano et de la guitare. Je passe de l’un à l’autre. J’ai du mal à chanter les mains vides, quoique je fasse un effort sur une ou deux chansons, mais ça ne me vient pas naturellement, j’ai besoin d’avoir un contact avec un instrument.

SORTIR : Question bateau : Toulouse est-elle une source d’inspiration pour vous ?
ART MENGO : C’est là où j’ai mes racines, ma famille, mes amis, mais la ville en elle-même…il aurait fallu que je ne voyage pas pour pouvoir dire ça. Non, non, non, j’adore la France et il y a beaucoup de régions qui m’interpellent. Non, je ne pense pas que Toulouse m’inspire, en tout cas pas dans mon côté artistique. C’est une belle ville., j’y habite et du coup, je l’aime.