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La Parole des
Fous
de Chailliot
Les
9 et 10 décembre, au Théâtre dAngoulême,
la jeune compagnie des Fous de Chaillot présentera
au public sa nouvelle création : Pierre ou les
frères misère. Après plusieurs
adaptations dont
Le Baiser de la veuve de Israël Horovitz
et LÉquilibre de Botho Strauss, cest
la première pièce écrite par lun
des membres de la compagnie, Vincent Lecompte, qui a bien
voulu répondre
à nos questions.
SORTIR. Doù vient la
Cie Les Fous de Chaillot ?
VINCENT LECOMPTE. Nous avons fondé la compagnie
il y a quatre ans. Nous venons tous de lécole
de Chaillot à Paris mais depuis quatre ans, nous sommes
très souvent en Charente. Cest une troupe charento-parisienne,
il y a des comédiens qui vivent en Charente et dautres
à Paris.
SORTIR. Cest plus confortable
pour vous dêtre en Charente ?
VINCENT LECOMPTE. Pour nous cest plutôt
agréable parce que nous y avons un très bon
contact avec le public et avec les lieux de résidences
(Alloue, Théâtre dAngoulême).
Maïa Commère, ladministratrice de la Compagnie
et la metteur en scène du dernier spectacle (LÉquilibre)
vit à Villejésus. Jespère personnellement
my installer bientôt et nous avons même
le projet de tous y habiter
et pour nous ce serait plutôt
pas mal. Le cadre de vie, par rapport à Paris, est
quand même plus agréable.
SORTIR : Comment sest passée
la résidence à Alloue ?
VINCENT LECOMPTE. Cétait sur la pièce
LÉquilibre de Botho Strauss dont
Maïa Commère est la metteur en scène. Ça
sest bien passé, nous sommes allés à
Alloue quinze jours au mois de mai dernier et nous avons fait
une semaine de reprise avec une date, en septembre. Le public
a bien accueilli le spectacle, il y avait du monde, cétait
plutôt agréable.
SORTIR : Cest une pièce qui se joue actuellement
?
VINCENT LECOMPTE. Nous avons fait la création,
maintenant la pièce va tourner. Nous lavons déjà
jouée à Soyaux et à lEspace Franquin,
et maintenant, on va essayer de tourner en Charente pour la
saison qui vient.
SORTIR : Pourquoi ne pas profiter que vous avez un
pied-à-terre à Paris, pour la proposer à
la capitale ?
VINCENT LECOMPTE. Nous avons fait des démarches
sur Paris mais cest très long et très
difficile : il y a beaucoup de compagnies de théâtre
sur Paris. Ce nest pas évident, et comme on se
focalise beaucoup en ce moment sur la Charente pour y travailler
et y faire des ateliers
Paris, on sen occupe,
mais nous sommes moins assidus.
SORTIR. Vous venez dachever
la création de LÉquilibre
et vous enchaînez avec Pierre ou les frères
misère
Ça fait beaucoup, non ?
VINCENT LECOMPTE. Cest le débordement
! 2 créations dans lannée, cest
vrai que cest beaucoup. Cela fait déjà
un an et demi que nous travaillons sur ces deux spectacles
mais bon, il y a huit mois dintervalle entre les deux
créations. Cest vrai que ça fait deux
grosses productions dans lannée mais pour linstant,
nous sommes mobilisés.
SORTIR. Cest la première
fois que vous proposez une mise en scène sur un texte
écrit par un membre de la compagnie ?
VINCENT LECOMPTE. Oui cest la toute première
fois que lon va mettre en scène un de nos textes.
Nous travaillons sur le théâtre contemporain
depuis quelques années et lécriture nous
est venue naturellement.
SORTIR. Cest une écriture
collégiale au sein de la compagnie ? Toute la troupe
donne son avis aussi bien sur le texte que sur la mise en
scène ?
VINCENT LECOMPTE. Non parce que sinon, ce serait vite
le bazar et le capharnaüm. Donc pour linstant,
jai écrit toute la pièce, les dialogues,
la mise en scène. Cest donc moi qui apporte toute
la matière
Mais après, dans le travail,
je réécris en fonction des comédiens
sur le plateau. On a déjà commencé des
lectures, un peu de répétition, et cest
vrai que le texte bouge un peu tous les jours en fonction
des comédiens, en fonction de leurs envies, sur les
nouvelles trouvailles quils apportent et aussi en fonction
des personnages. Mais sur la mise en scène, ils me
suivent.
SORTIR. La Scène nationale
qui vous accueille, ça vous fait quoi ?
VINCENT LECOMPTE. Pour nous cest une vraie opportunité
de travailler dans des conditions un peu moins « roots
» quavant puisque-là, nous avons un plateau
et des moyens techniques. Nous avons eu la possibilité
de faire une création avec moins de bouts de ficelle.
Sur LÉquilibre par exemple, nous
avons travaillé avec notre propre installation, dont
nos pauvres projecteurs
Là, nous allons pouvoir
utiliser la technique du théâtre et avoir à
disposition une salle pendant quinze jours pour travailler.
Cest beaucoup pour nous
et puis aussi, cest
loccasion de connaître le public dAngoulême.
SORTIR. Combien êtes vous sur
scène ?
VINCENT LECOMPTE. Il y a 8 comédiens sur scène,
et 2 techniciens.
SORTIR. Pierre ou les frères
misère est une pièce sur le passage de
lenfance à lâge adulte
Cest
un peu le thème de Peter Pan, non ?
VINCENT LECOMPTE. Cest vrai : je me suis inspiré
du mythe de Peter Pan, le syndrome de lenfant
qui ne veut pas grandir, et je lai légèrement
détourné. Jai voulu proposer une suite,
un petit peu comme le Peter Pan en bande dessinée
de Loisel. Cest une réflexion sur ce mythe, ce
personnage qui ne veut pas grandir, et une transposition chez
nous les jeunes : Avons-nous notre place ou pas dans ce monde
adulte ? Quelle est cette place ? Où la prendre, comment
la trouver ? Cest cette question que je voulais poser
avec cette pièce. Et donc y a un petit peu de Peter
Pan. Est ce que lenfant a vraiment envie de grandir
ou pas ?
SORTIR. Nous vous avons vus à
la présentation de saison, vous êtes tous très
jeunes
VINCENT LECOMPTE. Sur ce spectacle, nous avons entre
20 et 32 ans. Le plus jeune a 20 ans je crois, mais sur LÉquilibre,
il y avait quelquun de 45 ans. On travaille aussi avec
des papis.
SORTIR. Pierre ou les frères misère,
cest donc un petit peu personnel ce passage de ladolescence
à lâge adulte et le fait de trouver sa
place
VINCENT LECOMPTE. Ce sont justement des questions que
je me suis posé par rapport au théâtre
: le fait dêtre en cours de théâtre
et de passer à la professionnalisation de ce travail
que lon faisait de façon scolaire. Finalement,
comment rentrer dans le métier ? Ce nest pas
évident, pour moi. Cest une réflexion
par rapport à ça : au métier de comédien.
On est très protégés dans lécole,
où justement tout se passe bien : il y a des professeurs
qui nous accompagnent, nous aident, ça se passe très
très bien et on fait plein de choses qui nous plaisent,
cest vraiment un super moment de travail. Et puis quand
on arrive dans le métier, on saperçoit
quon nous attend au tournant, que les spectacles quon
nous propose ne nous intéressent pas forcément.
Donc oui, cest un peu personnel par rapport à
cela.
SORTIR. Et aujourdhui, vous
êtes passés du côté adultes ?
VINCENT LECOMPTE. Oui, je crois quaujourdhui,
nous avons franchi le cap de ladolescence.
SORTIR. Après ces deux représentations
au Théâtre, on peut donc penser vous voir plus
souvent dans le département avec vos deux créations
?
VINCENT LECOMPTE. On lespère, et en tout
cas, cest vraiment notre but
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